Dernière mise à jour : 28 avril 2010 24298 visiteurs |
Cela fait plus de sept ans que la section patrimoine du CIS se réunit, trois fois dans l’année dans différents villages de la communauté de communes de la région d’Hallencourt afin d’étudier un sujet où chacun peut apporter le fruit de ses recherches. La dernière réunion, portant le numéro 26 s’est déroulée à Condé-Folie sur les thème des industries d’extraction. Comme d’habitude, de nombreux auditeurs s’étaient réunis à l’occasion, on comptait une petite cinquantaine de personnes venues se documenter, se distraire et passer un agréable moment. Les chaufourniers furent à l’honneur par les deux picardisants, Roland Dumont et Francis Darras, qui nous racontèrent leur dure vie. Deux récits dans lesquels l’émotion ainsi que l’humour attirèrent l’attention de l’assemblée. Puis vint le sujet principal : la minière d’Hallencourt occupée par les hommes du néolithique qui venaient y extraire les silex pour les transformer en outils ou en objets usuels dans leurs villages d’Allery, de Bettencourt, de Quesnoy-sur-Airaines, Fontaine-sur-Somme fut présentée aux auditeurs. Puis vint l’extarction de la tourbe, à ce sujet les organisateurs regrettent l’absence des représentants de Fontaine-sur-Somme, mais ils furent remplacés par les habitants de Condé et de Longpré qui parlèrent des métiers du XIXe siècle que cette tourbe générait, ainsi que les problèmes qu’elle induisait avec cette odeur acre et tenace qu’elle véhiculait. Les gens du plateau, hallencourtois et sorellois présentèrent ensuite un dossier complet sur l’extraction des phosphates qui prit fin dans les années 1970, la première extraction d’engrais se fit en 1898 à Wanel, des accidents mortels se produisirent en 1903 à Wanel suite à des tirs de mine et en 1920 au lieu d’extraction de la haie des Charts sur le territoire de Sorel.
Puis on parla des briquetiers et des pannetiers (fabricants de tuiles) dont le métier fut encouragé au milieu du XIXe siècle par l’interdiction de couvrir les maisons en chaume et le souhait de voir les murs construits en dur. Ces briquetiers ont laissé des traces dans le paysage avec les extractions de terre leur servant de matière première, provoquant des excavations encore visibles aujourd’hui. Des documents photographiques de première qualité permirent de décrire la fabrication de ces briques et de mieux comprendre la pollution qu’elle produisait par les fumées incommodantes qu’elle véhiculait. Les voisins se plaignaient souvent, et les cultivateurs n’étaient pas toujours satisfaits de les voir puiser l’eau dans la mare communale. Les carrières d’extraction de craies pour l’amendement des sols ou pour l’extraction de pierres de constructions furent passées en revue. Beaucoup de ces carrières portent le nom un peu pompeux de souterrains, alors qu’elles n’ont pas joué le rôle que peut jouer le souterrain c’est à dire relier deux points le plus souvent par un passage secret. Certaines de ces carrières, en particulier les trous à marne sont aussi dangereuses pour les cultivateurs avec leurs engins, dont le poids provoque l’éboulement lors du passage à leur aplomb. Quelques mots furent aussi présentés sur l’extraction de salpêtre.
La réunion touchait à sa fin, on remit aux présents le compte-rendu de 78 pages sur le thème de la réuinion précédente : les moyens de communication. La réunion a duré près de trois heures. On ne s’est pas ennuyé. Les hôtes offrirent le traditionnel gâteau battu et le le cidre, les discussions purent ainsi continuer en aparté, on se connait bien maintenant depuis plus de sept ans.
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